Questions-Réponses sur les enfants de la rue

en République Démocratique du Congo

SOURCE: UNICEF/RDC

1.   Qu’est ce qu’un enfant de la rue ?

La rue n’a jamais enfanté ! Mais on appelle « enfant de la rue » toute personne âgée de moins de 18 ans qui vit entièrement ou partiellement  dans la rue,  en dehors de l’environnement et du contrôle familial. De ce fait,  elle ne bénéficie pas du climat de bonheur, d’amour et de compréhension  propre  à une famille, ne jouit pas de sa dignité et de ses droits fondamentaux et se trouve  ainsi exposée  à la violence de la rue, à l’exploitation économique, sexuelle, à la drogue à l’alcool, à la mendicité.

2.   Combien sont-ils ?

A ce jour, on ne dispose pas encore de statistiques fiables en cette matière. En attendant, les résultats d’enquête statistique, on peut noter provisoirement  que leur nombre est estimé à 30.000 (1) en République Démocratique du Congo.

3.   Pourquoi ces enfants se retrouvent-ils dans la rue ?

Parmi les causes de cette situation,  on peut citer : la faible connaissance des droits des enfants par les parents, l’ignorance des droits et devoirs par les enfants, le manque d’affection des parents,  la pauvreté des familles, la fuite de responsabilité des parents,  la perte d’autorité des parents, la croyance et l’allégation de sorcellerie,  les violences  faites aux enfants,  le divorce et la séparation des parents,  la non application de la loi  sur le vagabondage des mineurs, etc (2).

4.   Quels sont les droits des enfants de la rue qui sont violés ?

Les droits violés sont : les droits à la survie, au développement, à la protection, à l’expression, à la participation, à une information appropriée, à l’adoption,  à la sécurité sociale, aux soins médicaux, etc. Tous ces droits  de l’enfant sont cités  dans la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) ratifiée par la République Démocratique du Congo.

5.   De quoi vivent-ils ?

 En général, les enfants de la rue vivent d’un travail (cireur, chargeur, porteur, balayeur, vendeur ambulant, etc.), de la mendicité,  de la prostitution, du vol, d’extorsions et/ou de ramassis.

6.   Quels sont les dangers auxquels ils sont exposés ?

 Les enfants de la rue sont exposés aux maladies, à la violence,  à l’utilisation dans des bandes, forces, ou groupes armés,  aux abus et à l’exploitation économique, sexuelle, à la manipulation politique,  à la maltraitance,  à l’exclusion, aux humiliations, au viol, aux drogues, etc. Les enfants de la rue deviennent facilement les boucs émissaires de maux dont souffre la société.

 7.   Quelles sont les conséquences  du phénomène « enfants de la rue » sur la société ?

 Le phénomène « enfants de la rue » constitue un problème pouvant jouer sur l’ordre public, la stabilité et le développement du pays. Le fait d’être dans la rue les empêche de jouir de leurs droits, de s’épanouir comme tous les enfants et de contribuer  positivement  au bien-être  de leurs familles et communautés.

 8.   Comment un parent peut-il éviter que son enfant se retrouve dans la rue ?

 La prévention du phénomène « enfants de la rue » commence dans la famille. Les parents ont la responsabilité de connaître les droits de leurs enfants  et de les réaliser  en premier. Ils sont appelés  à les promouvoir sans cesse en accomplissant  leurs devoirs. Pour cela,  ils doivent veiller  en toute circonstance,  à l’éducation,  à la protection, au respect de la dignité humaine et à la bonne croissance de leurs enfants. Ils doivent garder  une conduite  qui encourage  la participation, l’équité et le dialogue en famille.

 9.   Que doit faire un parent  dont l’enfant se retrouve dans la rue ?

 Il est de la responsabilité de tout parent de connaître les raisons pour lesquelles son enfant se retrouve dans la rue. Quelles que soient  ces raisons, l’enfant qui se retrouve dans la rue a des droits, comme tous les enfants. Cet enfant a droit à l’affection, à un domicile et à la protection  de ses parents. Par conséquent, les parents doivent chercher  à localiser  leur enfant, en informer la police et les autorités locales, solliciter  l’assistance d’ONG de protection  de l’enfant et,  une fois retrouvé,  accepter de l’accueillir et lui donner une place en famille.

 10.                Que doit faire l’Etat pour prévenir  que les enfants  se retrouvent dans la rue ? (5)

 L’Etat a le devoir de créer un cadre social, politique et économique qui aide les parents   à bien  assumer leurs responsabilités familiales. Il doit, entre autres,  promouvoir  une politique salariale permettant aux familles de mener une vie décente et de subvenir aux besoins de leurs enfants. Il doit assurer la gratuité  de l’enseignement  fondamental, élaborer et appliquer  une politique nationale d’encadrement  et de protection de l’enfant. L’accusation de sorcellerie  dont beaucoup d’enfants sont victimes est une violence et une atteinte grave aux droits de l’enfant. Puisqu’elle est prohibée et punie par la loi (Article 41,4-6 de la Constitution) (3), l’Etat doit veiller  à ce que ses auteurs soient poursuivis en justice.

 11.               Que doit faire l’Etat pour la prise en charge correcte des enfants de la rue ? 

  • Respecter  les engagements pris lors de la ratification de la CDE ;
  • Offrir aux familles de meilleures conditions de vie en mettant en place une bonne politique des emplois et salaires, en assurant une meilleure sécurité sociale ;
  • Punir les  parents et autres personnes qui ne respectent pas les lois du pays en matière de protection des droits de l’enfant, notamment le Code de la famille, la Constitution (4) ;
  • Mettre en place une politique de prise en charge des enfants et familles vulnérables.

 12.               Quel est le rôle des ONG  dans la protection des enfants de la rue ? 

  • Identifier les enfants par site d’hébergement ou de fréquentation ;
  • Promouvoir  le dialogue avec les enfants  pour les mettre en confiance ;
  • Prendre contact avec les partenaires pour des appuis (logistique, médical, alimentaire, matériel…) ;
  • Localiser les familles des enfants de la rue ;
  • Amorcer  le processus de réunification familiale ;
  • Assurer le suivi des enfants réinsérés  en famille.

 13.               Comment empêcher  le retour des enfants réinsérés dans la rue ?

  • Assurer une bonne préparation de la réinsertion des enfants de la rue en famille ;
  • S’assurer du caractère volontaire du retour des enfants de la rue en famille ;
  • Maintenir un dialogue permanent entre les encadreurs  sociaux et la famille ;
  • Assurer le suivi  de l’activité  scolaire ou professionnelle exercée par l’enfant réinséré.
  • 
     Observations  de Job NKUNA

 

(1)        D’emblée, je salue le travail de l’UNICEF qui a réalisé un dépliant intitulé « Questions-Réponses sur les enfants de la rue » ci-haut reproduit. Partenaire incontournable du Gouvernement congolais en matière de protection de l’enfant, l’UNICEF ne cesse de sensibiliser ce dernier à jouer son rôle de catalyseur du bien-être social.  

  img-1017-2.jpgTRAVAILLEUR SOCIAL DE RUE, JOB NKUNA A L'ECOUTE DES ENFANTS EN DIFFICULTELa question du nombre des enfants de la rue en RDC est à la fois facile et difficile : facile parce qu’elle est claire et concise ; mais difficile parce qu’elle s’applique à un pays où le dernier recensement de la population date de 1984 et où la question des statistiques se pose avec acuité dans presque tous les domaines de la vie nationale. En tant que travailleur social de rue, je pense, sans risque d’être contredit, qu’il y a bien plus d’enfants dans la rue qu’on ne le croit. La seule ville de Kinshasa peut regorger plus de  30.000 enfants. Ce, d'autant plus que de nombreux enfants grandissent, procréent et deviennent parents et même grands-parents dans la rue.

 (2) Il convient d’ajouter la loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant en RDC, qui n’était encore votée lors de la réalisation du dépliant de l’UNICEF.

 (3) L’accusation de sorcellerie à l’endroit d’un enfant est également prohibée et sévèrement punie par la loi précitée (Article 160). Bravo à certaines ONG internationales qui ont organisé,à travers des médias, une campagne de vulgarisation de cette disposition légale. 

 (4) Il sied de coupler les actions de sensibilisation à l’application effective de la loi du 10 janvier 2009 contre les récalcitrants. Tout est prévu dans cette loi pour « rééduquer » ceux qui peuvent l’être.

 (5) Il faut le dire sans détour : l’Etat congolais (Gouvernement) doit jouer correctement son rôle ou démissionner ! Sinon, les actions des ONG, non subventionnées par l’Etat et appuyées dans la mesure du possible par quelques organisations internationales,  s’apparentent à un groupe de gens qui remplissent de l’eau dans un vase troué. Et la plupart des acteurs sociaux, très zélés dans l’accompagnement des personnes vulnérables (enfants de la rue y compris) et le volontariat, sont eux-mêmes des personnes en situation difficile car, ils doivent, trouver un temps afin de chercher du pain quotidien pour leurs rejetons. Un cercle vicieux !

 

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